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Le blog · Bien exercer

Reprendre après les vacances : pourquoi c'est si dur, et comment séquencer son repos

Les bienfaits des vacances s'effacent plus vite qu'on ne le croit. La solution n'est pas de partir plus longtemps, mais de se reposer autrement, tout au long de l'année.

Un réveil en forme de tranche de citron sur fond jaune

Le 4 septembre, nous avons fêté la rentrée par une pétanque, place Maréchal Lyautey. La règle du jeu : venir avec « le truc que vous n'avez pas lâché de l'été ». Un livre corné, une paire de lunettes de soleil, un carnet… Ces objets disaient beaucoup de ce qui nous avait fait du bien. Et la question est venue toute seule : pourquoi est-ce si difficile de garder cet état une fois revenus au cabinet ?

La reprise, un choc pour l'avocat

En septembre, tout reprend en même temps : les délais de procédure, les audiences, les clients qui ont attendu la rentrée pour appeler, la boîte mail qui a continué à se remplir. Quand on exerce seul, il n'y a souvent personne pour absorber ce premier choc. Après une longue coupure, le contraste est d'autant plus brutal que le cerveau s'était enfin désengagé.

Ce que dit la recherche : un bénéfice qui s'efface vite

13études réunies, soit 1 428 salariés suivis avant, pendant et après leurs vacances
1 sem.après la reprise, le bien-être n'est plus significativement différent de son niveau d'avant les vacances
+ long ≠ mieuxdes vacances plus longues ne produisent pas de bienfaits plus importants

Les auteurs de cette méta-analyse en tirent une recommandation simple : plutôt que de tout miser sur une longue coupure, prévoir des pauses courtes et régulières tout au long de l'année.

Source : « We Continue to Recover Through Vacation! Meta-Analysis of Vacation Effects on Well-Being and Its Fade-Out », European Psychologist, vol. 28, n° 4, 2023.

Le regard d'Albert Moukheiber : arrêter d'opposer travail et vacances

Albert Moukheiber est docteur en neurosciences et psychologue clinicien, auteur de Votre cerveau vous joue des tours (Allary Éditions, 2019). Invité de l'émission « 28 minutes » sur Arte à l'été 2019, il a répondu à une question qui parle à tous les avocats : peut-on reposer son cerveau sans attendre les vacances ?

Son constat : fonctionner en surrégime pendant onze mois pour récupérer quelques semaines par an ne marche pas. Opposer le temps de travail et le temps des vacances, explique-t-il, c'est « la recette assurée vers l'épuisement ». Le repos ne se stocke pas : il se séquence, au quotidien, dans la semaine et sur l'année.

Voir la vidéo de « 28 minutes »

Séquencer son repos quand on est avocat

  • Dans la journée : de vraies pauses, loin de l'écran. Un déjeuner pris ailleurs qu'au bureau, quelques minutes en terrasse entre deux dossiers.
  • Dans la semaine : un temps protégé, sans rendez-vous ni mails, inscrit à l'agenda comme une audience.
  • Dans l'année : des coupures plus courtes et plus fréquentes, plutôt qu'un seul grand départ en août.
  • Pour la reprise : préparer, avant de partir, une note de reprise pour soi-même ; ne fixer ni audience ni rendez-vous le jour du retour ; garder la première demi-journée pour trier.
  • Et ne pas rester seul : partager la rentrée avec des confrères, c'est déjà alléger la charge.

Chez Workpulse

C'est tout le sens de nos soirées : un rendez-vous par mois pour souffler, échanger, et parfois jouer à la pétanque. Les bureaux, la terrasse et l'espace détente du 74 rue Ney sont pensés pour que le repos trouve sa place dans la journée de travail.

Voir les prochaines soirées

Pour aller plus loin : Albert Moukheiber, Votre cerveau vous joue des tours, Allary Éditions, 2019 ; « Reposer son cerveau sans attendre les vacances ? », 28 minutes, Arte, 2019.